Recherche par compositeur : Gilles Schuehmacher  

 

Quatuor pour piano et cordes op. 26 (2002)
Ce quatuor se présente sous la forme de quatre mouvements enchaînés ; il porte en exergue ces vers (qui ne sont cependant en rien "programmatiques" pour la musique) qu'a écrits Edmond Jabès au tout début de son Livre des Questions :
" — Que se passe-t-il derrière cette porte ?
— Un livre est en train d'être effeuillé.
— Quelle est l'histoire de ce livre ?
— La prise de conscience d'un cri."
Création à  Lyon le 5 juin 2002, salle Witkowski, par Jean-Marie Baudour, Jean-Baptiste Magnon, Nicolas Saint-Yves et Zheni Meria.

Nachtwandel, nocturne op. 32 (2004)
I -
"Me trouvant en voyage
Loin de la maison
Le vent d'automne
Au soir est froid
Et les grues passent en criant."
(Anonyme)
II -
"C'est la pleine lune.
Autour de l'étang je me suis promené
Toute la nuit."
(Bashô)

Thibet, fragments op. 31 (2003)
Au Tibet libre
Textes extraits de Thibet, ode de Victor Segalen
Victor Segalen, malgré deux tentatives, n'est jamais entré au Tibet. Thibet est sa dernière oeuvre, inachevée. Son ode, poème du paroxysme, de l'héroïsme spirituel et physique, quête d'absolu, s'adresse à  un pays réel autant qu'à  un pays fantasmé, inaccessible. Ma pièce tente par fragments d'approcher cette expérience des gouffres, des plateaux et des sommets.
Le Tibet d'aujourd'hui, entité culturelle et géographique, envahi par la Chine, est en voie de disparition, victime d'un génocide d'une redoutable efficacité. A ce jour, un tiers de la population tibétaine a été rendue stérile, à  l'occasion de pseudo-campagnes de vaccination. Des dizaines de prostituées chinoises séropositives ont été introduites dans des bordels installés par les chinois. Plus des trois quarts de la population de la capitale, Lhassa, est à  présent chinoise. On pourrait multiplier les chiffres jusqu'à  la nausée. La disparition soigneusement planifiée du Tibet sera prochainement achevée, et les pays occidentaux en sont tous les complices. Nous le savons mais n'agissons pas.
Création à  Lyon le 24 avril 2004 par Sieglinde Coudert, Pascal Pariaud, Olivier Roinsol, Moneim Brini, Pierre Cathelain et François Salignat

Quatre pièces pour piano Op. 19 (2001)
Ces quatre courtes pièces ont été écrites sur une période de trois ans : aussi sont-elles diverses de caractère et d'écriture. La première est abrupte, dense, alors que la deuxième est lyrique, plus extérieure. Les deux dernières ont un caractère d'études, mettant en oeuvre des symétries parfaites ou brisées ; la troisième est une série de très courtes variations massives sur un "mode-agrégat", tandis que la quatrième oppose un déploiement lent de l'espace sonore à  la vélocité exprimée dans les registres extrêmes du piano. Ces pièces ont en commun une écriture souvent âpre et tendue, qui recourt à  toute l'étendue du clavier et des nuances, confrontant silences, résonances et brusques éclats.

Chants d'adieu (2006)
I – "Ever in my life have I sought thee with my songs." (Tagore)
II – Interludio 1 (Rilke)
III – Interludio 2 (Rilke)
IV – Strophen (Sahl)

gesanglos III (2002)
à Margot Cache (rev. 2005)

"Verfluchtes Jahrhundert ! Chaotisch ! Gesanglos !" (Siècle maudit ! Chaotique ! Dépourvu de chant !) - Johannes R. Becher

Cette pièce se présente comme un monolithe dense dont la matière tourne sur elle-même obsessionnellement, butant contre un silence omniprésent, et engendrant une violence sans issue (violence qui est tout à la fois exutoire, imprécation, catharsis, incantation, déploration). Miroirs et symétries, comme dessinant un espace fermé, sont présents à différents niveaux de composition.


Kreise (2006)

Kreise (Cercles) est composé de deux mouvements portant en épigraphe des vers de Tsvetaieva puis de Rilke – deux poètes à l'intense vie intérieure ayant échangé une correspondance passionnée sans jamais se rencontrer :

"En moi – tout est incendie ! - Je ne chante que par le feu !"
"Trop a toujours été la mesure de mon monde intérieur."
Marina Tsvetaieva

"Et nous : écoutants enfin ! Les premiers hommes écoutants."
"Timbre, qui n'est plus avec l'oreille
mesurable. Comme si le son
qui nous surpasse de toutes parts,
était un mûrissement de l'espace."

Rainer Maria Rilke